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Rabah Hachichi • Directeur technique d’ACG Cybersecurity · 30 octobre 2026 · Lecture 5 min
Un compte compromis, des droits excessifs ou un stockage exposé peuvent provoquer une fuite sans exploitation de faille logicielle. Le retour d’expérience publié par le CERT-FR le 20 octobre 2026 rappelle l’importance de protéger les données tout au long de leur utilisation.
L’authentification doit être complétée par des autorisations adaptées, une protection des sessions et une surveillance des consultations et des exports. Ces améliorations peuvent commencer sans attendre le remplacement de l’application.
En 2025, le CERT-FR a été informé de 196 incidents d’exfiltration de données, contre 130 incidents de ce type traités en 2024. Ces chiffres reflètent son activité, sans constituer un recensement exhaustif des fuites en France.
Le rapport rassemble dix principes de sécurisation. Dans la plupart des cas évoqués dans sa synthèse, les intrusions n’exploitent aucune vulnérabilité technique. Cela ne signifie ni absence d’attaque, ni disparition du risque lié aux failles logicielles.
Directions et équipes techniques doivent examiner ce que permettent les accès existants, au-delà de la résistance de l’application aux attaques classiques.
Espace client, portail adhérent, extranet, application métier ou service mobile utilisant une API : toute organisation donnant accès à des données doit en maîtriser les usages.
Cette responsabilité couvre les applications historiques et les prestations externalisées. Même des coordonnées ou des factures peuvent alimenter des fraudes ciblées. Le périmètre à protéger doit être défini avec les métiers et, pour les données personnelles, le DPO.
L’usurpation d’un compte peut résulter d’un logiciel voleur d’informations, de la réutilisation de secrets divulgués ou d’un hameçonnage. Une procédure de réinitialisation mal sécurisée peut aussi être détournée.
Un stockage, une sauvegarde ou un service mal configuré peut exposer directement les données. L’usage malveillant d’un accès interne et l’exploitation de vulnérabilités applicatives doivent également être considérés.
Après l’accès initial, les droits et les fonctions disponibles déterminent l’ampleur de l’extraction : API permettant de parcourir trop de dossiers, exports excessifs ou privilèges trop étendus d’un prestataire.
Des requêtes techniquement valides peuvent révéler un usage malveillant par les données consultées, leur fréquence, les horaires ou leur origine. Une supervision adaptée peut détecter ces anomalies.
Maîtriser les données et les accès
Les premiers leviers concernent la gestion des données, les droits, l’exposition de l’application, l’authentification et la sécurisation de l’hébergement.
Il faut connaître les données, leurs flux et les utilisateurs autorisés. Les droits doivent correspondre aux missions et être revus lors des mobilités, départs et fins de prestation, y compris pour les comptes techniques et de service. Les comptes inactifs doivent être désactivés et les accès exceptionnels limités dans le temps.
La minimisation des données limite l’impact d’une compromission. Conservation, extractions et usages hors production doivent être maîtrisés, y compris chez les tiers.
L’authentification multifacteur réduit fortement le risque lié au vol d’un mot de passe, selon le mécanisme et les procédures retenus. Les passkeys résistantes à l’hameçonnage sont à privilégier lorsque possible. Protéger postes et sessions reste nécessaire : un cookie volé peut donner accès à une session ouverte.
Comprendre et détecter les usages anormaux
La traçabilité et la supervision doivent couvrir les consultations et les exports, au-delà des seules connexions.
Les traces doivent relier les actions à un compte, une origine et un contexte métier. Leur intégrité, leur disponibilité et leur conservation conditionnent leur utilité en investigation. Il faut éviter d’y recopier inutilement des données personnelles ou des secrets. La collecte doit rester proportionnée aux besoins de sécurité.
Les seuils doivent tenir compte des usages métier : une extraction volumineuse peut être autorisée, une consultation isolée préjudiciable. D’autres signaux sont nécessaires pour détecter les extractions lentes ou réparties entre plusieurs comptes.
Superviser ne consiste pas à tout regarder. Il s’agit de connaître la valeur normale, puis de savoir quand on s’en éloigne.
Préparer une réaction proportionnée
Ralentissement, suspension temporaire, authentification supplémentaire ou alerte peuvent être automatisés. Ces réactions doivent être définies avec les métiers et testées pour éviter des interruptions injustifiées.
Leur efficacité dépend de la rapidité de détection et d’intervention. Aucun seuil ne garantit l’arrêt d’une exfiltration. Chaque alerte doit avoir un destinataire et une procédure de traitement. La procédure doit préciser qui analyse, qui décide et qui intervient.
Vérifier la sécurité et faire accepter les risques
Revues de configuration, tests de contrôle d’accès, audits et tests d’intrusion permettent de vérifier la sécurité de l’application. Leur profondeur et leur fréquence doivent correspondre à sa criticité.
L’homologation dans le cadre du RGS et de la PSSIE concerne spécifiquement les administrations. En entreprise, une validation formalisée et une acceptation des risques peuvent structurer les décisions selon le contexte et les obligations.
Le caractère non normatif du rapport ne supprime pas les obligations de sécurité applicables.
Métiers, DSI, RSSI et DPO peuvent commencer par trois questions : quelles applications donnent accès aux données à protéger et qui en répond ? Les droits respectent-ils le périmètre métier ? Peut-on reconstituer consultations et exports ?
Un inventaire ciblé, une revue des habilitations et des journaux, puis des tests sur un périmètre autorisé permettent de vérifier les réponses et de prioriser les actions.
Certaines corrections relèvent de la configuration ; d’autres nécessitent un développement, une évolution d’architecture ou l’intervention d’un fournisseur. Le plan d’action doit préciser responsables, moyens, échéances et critères de vérification, avec des mesures de réduction du risque pendant les travaux. Les écarts résiduels doivent être documentés et suivis jusqu’à leur résolution.
Le point de départ n’est pas un audit. Ce sont trois questions, posées à voix haute, devant les personnes qui ont les réponses.
Les équipes doivent pouvoir préserver les traces, révoquer les accès compromis, contenir l’extraction et qualifier les données concernées. Décisions et coordination avec les prestataires doivent être préparées.
Le DPO contribue à l’évaluation des conséquences. Une violation présentant un risque pour les droits et libertés doit être notifiée à l’autorité compétente dans les meilleurs délais et, si possible, sous 72 heures après prise de connaissance. En cas de risque élevé, les personnes doivent également être informées, sous réserve des exceptions du RGPD.
La formation doit apprendre à vérifier les contrôles, interpréter les anomalies et réagir, à partir de situations concrètes : compte compromis, droits excessifs, export inhabituel ou stockage exposé.
Un parcours associant identités et accès, sécurité applicative, supervision et réponse à incident peut s’appuyer sur une application représentative pour relier responsabilités métier, mesures techniques et preuves attendues.
Pour étudier une formation ou un atelier adapté à votre organisation :
Non. L’usage d’un compte compromis ou l’accès à des données exposées peuvent suffire. La gestion des vulnérabilités demeure néanmoins indispensable.
Non. Il renforce l’authentification, mais ne remplace ni les autorisations, ni la protection des sessions, ni la surveillance des usages.
Non. Des mesures peuvent être appliquées sur l’existant. Les limites résiduelles doivent être évaluées pour décider des évolutions nécessaires.
Elles constituent des pistes à adapter à l’architecture, aux usages et aux risques. Leur déploiement doit être validé et leur efficacité vérifiée.
Directeur Technique, ACG Cybersecurity. CISSP, CISM, ISO 27001 Lead Auditor. Vingt-cinq ans en cybersécurité, dont quinze comme RSSI. Auditeur et formateur en continuité d'activité et gestion de crise.
Publié le 30 octobre 2026. Mis à jour le 30 octobre 2026. Sources vérifiées le 30 octobre 2026.
Rabah Hachichi • Directeur technique d’ACG Cybersecurity · 30 octobre 2026 · Lecture 5 min
Un compte compromis, des droits excessifs ou un stockage exposé peuvent provoquer une fuite sans exploitation de faille logicielle. Le retour d’expérience publié par le CERT-FR le 20 octobre 2026 rappelle l’importance de protéger les données tout au long de leur utilisation.
L’authentification doit être complétée par des autorisations adaptées, une protection des sessions et une surveillance des consultations et des exports. Ces améliorations peuvent commencer sans attendre le remplacement de l’application.
En 2025, le CERT-FR a été informé de 196 incidents d’exfiltration de données, contre 130 incidents de ce type traités en 2024. Ces chiffres reflètent son activité, sans constituer un recensement exhaustif des fuites en France.
Le rapport rassemble dix principes de sécurisation. Dans la plupart des cas évoqués dans sa synthèse, les intrusions n’exploitent aucune vulnérabilité technique. Cela ne signifie ni absence d’attaque, ni disparition du risque lié aux failles logicielles.
Directions et équipes techniques doivent examiner ce que permettent les accès existants, au-delà de la résistance de l’application aux attaques classiques.
Espace client, portail adhérent, extranet, application métier ou service mobile utilisant une API : toute organisation donnant accès à des données doit en maîtriser les usages.
Cette responsabilité couvre les applications historiques et les prestations externalisées. Même des coordonnées ou des factures peuvent alimenter des fraudes ciblées. Le périmètre à protéger doit être défini avec les métiers et, pour les données personnelles, le DPO.
L’usurpation d’un compte peut résulter d’un logiciel voleur d’informations, de la réutilisation de secrets divulgués ou d’un hameçonnage. Une procédure de réinitialisation mal sécurisée peut aussi être détournée.
Un stockage, une sauvegarde ou un service mal configuré peut exposer directement les données. L’usage malveillant d’un accès interne et l’exploitation de vulnérabilités applicatives doivent également être considérés.
Après l’accès initial, les droits et les fonctions disponibles déterminent l’ampleur de l’extraction : API permettant de parcourir trop de dossiers, exports excessifs ou privilèges trop étendus d’un prestataire.
Des requêtes techniquement valides peuvent révéler un usage malveillant par les données consultées, leur fréquence, les horaires ou leur origine. Une supervision adaptée peut détecter ces anomalies.
Maîtriser les données et les accès
Les premiers leviers concernent la gestion des données, les droits, l’exposition de l’application, l’authentification et la sécurisation de l’hébergement.
Il faut connaître les données, leurs flux et les utilisateurs autorisés. Les droits doivent correspondre aux missions et être revus lors des mobilités, départs et fins de prestation, y compris pour les comptes techniques et de service. Les comptes inactifs doivent être désactivés et les accès exceptionnels limités dans le temps.
La minimisation des données limite l’impact d’une compromission. Conservation, extractions et usages hors production doivent être maîtrisés, y compris chez les tiers.
L’authentification multifacteur réduit fortement le risque lié au vol d’un mot de passe, selon le mécanisme et les procédures retenus. Les passkeys résistantes à l’hameçonnage sont à privilégier lorsque possible. Protéger postes et sessions reste nécessaire : un cookie volé peut donner accès à une session ouverte.
Comprendre et détecter les usages anormaux
La traçabilité et la supervision doivent couvrir les consultations et les exports, au-delà des seules connexions.
Les traces doivent relier les actions à un compte, une origine et un contexte métier. Leur intégrité, leur disponibilité et leur conservation conditionnent leur utilité en investigation. Il faut éviter d’y recopier inutilement des données personnelles ou des secrets. La collecte doit rester proportionnée aux besoins de sécurité.
Les seuils doivent tenir compte des usages métier : une extraction volumineuse peut être autorisée, une consultation isolée préjudiciable. D’autres signaux sont nécessaires pour détecter les extractions lentes ou réparties entre plusieurs comptes.
Superviser ne consiste pas à tout regarder. Il s’agit de connaître la valeur normale, puis de savoir quand on s’en éloigne.
Préparer une réaction proportionnée
Ralentissement, suspension temporaire, authentification supplémentaire ou alerte peuvent être automatisés. Ces réactions doivent être définies avec les métiers et testées pour éviter des interruptions injustifiées.
Leur efficacité dépend de la rapidité de détection et d’intervention. Aucun seuil ne garantit l’arrêt d’une exfiltration. Chaque alerte doit avoir un destinataire et une procédure de traitement. La procédure doit préciser qui analyse, qui décide et qui intervient.
Vérifier la sécurité et faire accepter les risques
Revues de configuration, tests de contrôle d’accès, audits et tests d’intrusion permettent de vérifier la sécurité de l’application. Leur profondeur et leur fréquence doivent correspondre à sa criticité.
L’homologation dans le cadre du RGS et de la PSSIE concerne spécifiquement les administrations. En entreprise, une validation formalisée et une acceptation des risques peuvent structurer les décisions selon le contexte et les obligations.
Le caractère non normatif du rapport ne supprime pas les obligations de sécurité applicables.
Métiers, DSI, RSSI et DPO peuvent commencer par trois questions : quelles applications donnent accès aux données à protéger et qui en répond ? Les droits respectent-ils le périmètre métier ? Peut-on reconstituer consultations et exports ?
Un inventaire ciblé, une revue des habilitations et des journaux, puis des tests sur un périmètre autorisé permettent de vérifier les réponses et de prioriser les actions.
Certaines corrections relèvent de la configuration ; d’autres nécessitent un développement, une évolution d’architecture ou l’intervention d’un fournisseur. Le plan d’action doit préciser responsables, moyens, échéances et critères de vérification, avec des mesures de réduction du risque pendant les travaux. Les écarts résiduels doivent être documentés et suivis jusqu’à leur résolution.
Le point de départ n’est pas un audit. Ce sont trois questions, posées à voix haute, devant les personnes qui ont les réponses.
Les équipes doivent pouvoir préserver les traces, révoquer les accès compromis, contenir l’extraction et qualifier les données concernées. Décisions et coordination avec les prestataires doivent être préparées.
Le DPO contribue à l’évaluation des conséquences. Une violation présentant un risque pour les droits et libertés doit être notifiée à l’autorité compétente dans les meilleurs délais et, si possible, sous 72 heures après prise de connaissance. En cas de risque élevé, les personnes doivent également être informées, sous réserve des exceptions du RGPD.
La formation doit apprendre à vérifier les contrôles, interpréter les anomalies et réagir, à partir de situations concrètes : compte compromis, droits excessifs, export inhabituel ou stockage exposé.
Un parcours associant identités et accès, sécurité applicative, supervision et réponse à incident peut s’appuyer sur une application représentative pour relier responsabilités métier, mesures techniques et preuves attendues.
Pour étudier une formation ou un atelier adapté à votre organisation :
Non. L’usage d’un compte compromis ou l’accès à des données exposées peuvent suffire. La gestion des vulnérabilités demeure néanmoins indispensable.
Non. Il renforce l’authentification, mais ne remplace ni les autorisations, ni la protection des sessions, ni la surveillance des usages.
Non. Des mesures peuvent être appliquées sur l’existant. Les limites résiduelles doivent être évaluées pour décider des évolutions nécessaires.
Elles constituent des pistes à adapter à l’architecture, aux usages et aux risques. Leur déploiement doit être validé et leur efficacité vérifiée.
Directeur Technique, ACG Cybersecurity. CISSP, CISM, ISO 27001 Lead Auditor. Vingt-cinq ans en cybersécurité, dont quinze comme RSSI. Auditeur et formateur en continuité d'activité et gestion de crise.
Publié le 30 octobre 2026. Mis à jour le 30 octobre 2026. Sources vérifiées le 30 octobre 2026.
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